Cette
enquête de l'Union Régionale des Médecins
Libéraux de Rhône-Alpes (commission transferts
de charges), conduite en 2003-2004, constitue l'un des
volets de la réflexion engagée localement
sur les activités non rémunérées
que les médecins libéraux sont de plus
en plus souvent amenés à réaliser.
Ces tâches, souvent imposées et ne se rapportant
pas, la plupart du temps, directement à la prise
en charge médicale des patients, leur sont demandées
par différents acteurs : Assurance Maladie ou
Administration de la Santé, quand ce n'est pas
par les patients eux-mêmes ou des organismes publics
ou privés divers.
Le volet exploré par cette enquête s'est
attaché aux activités transversales que les
médecins exerçant dans les établissements
de soins privés doivent réaliser à titre
bénévole (sauf exception) :
Commission Médicale d'Etablissement, Comité de
Lutte contre les Infections Nosocomiales, hémovigilance
et matériovigilance, commission de conciliation,
qualité, etc. Elle constitue le "pendant" d'une
enquête conduite de manière concomitante en
médecine de ville, sur les transferts de charges
des organismes tiers vers les praticiens libéraux.
L'enquête a été conduite auprès
de l'ensemble des 75 établissements privés
de Court Séjour de Rhône-Alpes, qu'ils soient à but
lucratif (55) ou à but non lucratif (20). Ses objectifs étaient
d'identifier les différentes activités transversales
effectuées par les médecins au sein de ces établissements,
de mesurer la charge de travail occasionnée, de
recueillir les opinions des praticiens impliqués,
les difficultés qu'ils rencontrent et de mesurer
l'acceptabilité de ces activités, d'identifier
la présence et la nature d'éventuelles contreparties
et de recueillir les opinions sur leur légitimité et
les souhaits exprimés en la matière.
Le poids de certaines de ces activités "bénévoles" est
tout à fait conséquent (en termes de temps
passé, mais également en termes de responsabilité)
alors que les praticiens qui ont accepté de les
assurer n'en tirent qu'assez peu de reconnaissance de
la
part de leurs pairs ou de l'administration. A l'opposé,
ces activités transversales exposent leurs responsables à des
conséquences en termes juridiques, voire financiers
et, surtout, en termes relationnels vis-à-vis de
leurs confrères. Par ailleurs, un autre manque de
reconnaissance tient à ce que, souvent, les responsables
de ces activités transversales ne disposent pas
des moyens nécessaires à leur réalisation
dans des conditions satisfaisantes.
Si le bien fondé de ces activités transversales "réglementaires" n'a
pas ici à être remis en question, le problème
de leur reconnaissance (sous toutes ses formes, y compris
financière), doit être posé, voire
résolu, dans le futur Schéma d'Organisation
Sanitaire et dans la nouvelle gouvernance des établissements
hospitaliers relevant de la tutelle des ARH, et donc du
Ministère de la Santé.
|
|