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L’Union
Régionale des Médecins Libéraux
Rhône-Alpes a entamé, depuis six ans, une
vaste étude sur la démographie
des professions de santé.
Après une étude exhaustive de la bibliographie
internationale sur les problèmes de
démographie médicale dans les pays occidentaux,
la mise au point d’une modélisation de l’offre
de médecins basée sur les données
d’activité de consommation permettant des
simulations de
changement de pratiques, l’URML Rhône-Alpes
a étudié la démographie des différentes
spécialités : chirurgiens orthopédistes,
gastro-entérologues, pédiatres, anesthésistes
réanimateurs, gynécologues obstétriciens,
dermatologues…
Dans le cadre de ses études, l’URML Rhône-Alpes
a souhaité savoir quels étaient l’impact
et
les conséquences de la féminisation des professions
de santé sur l’exercice médical, mais
aussi son impact sur l’offre de soins.
Cette étude réalisée en collaboration
avec le CAREPS, à la fois qualitative et quantitative,
repose sur trois axes dont :
- une enquête postale auprès d’un échantillon
aléatoire de 1.500 médecins en exercice
hommes et femmes, généralistes et spécialistes,
d’exercice libéral ou hospitalier
- un essai de reconstitution du cursus de cohortes d’anciens étudiants
- une enquête auprès d’une promotion
d’étudiants en sixième année
DCEM4.
Seule la première approche a, pour l’instant, été réalisée
mais est néanmoins très riche de
renseignements
En effet, au cours des vingt prochaines années,
le corps médical va connaître une raréfaction
de l’offre due au numerus clausus mais également
au vieillissement du corps médical et à sa
féminisation. En effet, en 2001 36% des médecins
en exercice étaient des femmes, elles
n’étaient que de 24% en 1984, cette proportion étant
de 39% en Rhône-Alpes en 2003.
Tous âges confondus, les femmes représenteront à l’horizon
de 2020 50% des médecins en
exercice. La féminisation de la profession médicale
est donc une réalité avec laquelle vont
devoir compter les institutions professionnelles, les décideurs
et les tutelles.
Cette étude
montre que, tant qualitativement que quantitativement
l’activité « moyenne » des
femmes médecins n’est pas équivalente à celle
des médecins de sexe masculin. Sans
provocation aucune, on ne peut considérer comme
valide sur le plan quantitatif l’équation « un
médecin femme = un médecin homme ».
La projection démographique sur lesquels devraient
s’appuyer ceux qui ont en charge la
planification de la santé, n’aura de sens
que si ces particularismes sont pris en compte
notamment sur le numerus clausus. Ne pas le faire serait
inconséquent, car l’activité des
femmes n’est pas égale à celle des
hommes, ceci n’étant pas un jugement de
valeur mais
simplement une constatation dont il faut tenir compte.
Les femmes sont plus souvent salariées
que les hommes (48% contre 30%), avec une activité à temps
partiel beaucoup plus importante
(38% des femmes salariées ont une activité à temps
partiel contre 6% des hommes) et un
volume d’activité globalement moins important,
en ce qui concerne l’activité libérale
ou les
urgences.
Chez
les spécialistes libéraux, certaines
disciplines sont largement privilégiées
par les femmes :
gynécologie médicale 90%, endocrinologie
65%, dermatologie 64%, pédiatrie 54% au contraire
d’autres spécialités comme la cardiologie
et la gastro-entérologie 12%, l’ORL 11%
et la chirurgie
3%.
Cette féminisation, réalité incontournable,
constitue un enrichissement de la prise en charge
médicale de la population, dans les domaines du
soin et de la prévention mais encore faudrait-il
que l’on sache en anticiper l’impact et en
tenir compte dans les modélisations de l’offre
de soin à venir.
Jacques
CATON
Président
de l’URML |
Patrick
ROMESTAING
Président de la Commission Démographie
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